
Le Soleil va perdre bientôt un morceau au-dessus du Québec
Le 12 août prochain, le ciel nous servira un joli spectacle astronomique : une éclipse partielle du Soleil sera visible au Québec. Certains seront plus gâtés que d’autres. Explications.
En bref :
Le Québec pourra voir une éclipse solaire partielle le 12 août vers entre 13 h et 14 h 30;
Une éclipse totale sera visible en Islande et en Espagne;
L’éclipse se produit en même temps que les Perséides;
La prochaine éclipse solaire totale au Québec aura lieu le 3 mai 2106.
Rare coïncidence
Non, il ne fera pas noir en plein jour chez nous comme lors de l’éclipse totale du 8 avril 2024. Mais la Lune viendra tout de même grignoter une partie du Soleil, avec un effet plus marqué dans l’est et le nord de la province. Et ce n’est pas tout : comme l’événement tombe en pleine période des Perséides, certains observateurs en Europe pourraient aussi apercevoir quelques étoiles filantes autour du même moment. Bref, le 12 août risque de faire plaisir aux amateurs de ciel.

Ce qu’on verra au Québec
Au Québec, il s’agira d’une éclipse partielle. Le pourcentage d’obscuration va varier d’une région à l’autre, mais partout, le scénario reste sensiblement le même : la Lune va passer devant une partie du disque solaire, sans jamais le recouvrir complètement. Dans le sud du Québec, l’éclipse sera plutôt discrète, mais tout de même bien réelle. Le pourcentage de la surface du Soleil qui sera cachée par la Lune va varier de 15 % à Gatineau jsqu’à 53 % à Blanc-Sablon. Plus on va vers le nord et l’est, plus le spectacle gagne en intensité. Autrement dit, personne au Québec n’aura droit à la totalité, mais certaines régions verront quand même plus de la moitié du Soleil masquée. Ce n’est pas rien.

Où verra-t-on l’éclipse totale?
Pour voir la totalité, il faudra quitter le Québec. Le couloir de l’éclipse totale traversera notamment :
le Groenland
l’Islande
l’Espagne
une petite partie du nord du Portugal
C’est dans cette bande plus étroite que le Soleil sera entièrement caché pendant quelques instants. Chez nous, on restera en mode partiel, ce qui demeure tout de même très intéressant, surtout avec un ciel dégagé.
Pour un rendez-vous réussi, on se protège
Petit rappel important, parce qu’une éclipse reste un spectacle à admirer avec précaution. Même si le Soleil est partiellement masqué, il ne faut jamais le regarder directement sans protection adaptée. Des lunettes conçues spécialement pour l’observation solaire sont nécessaires. Les lunettes de soleil ordinaires, même de la plus haute qualité, ne font absolument pas le travail. Donc oui pour le spectacle, mais avec les bons outils. Le Soleil aime qu’on l’admire, pas qu’on le sous-estime.

Une éclipse en plein coeur des Perséides
C’est là que l’histoire devient encore plus sympathique. Le 12 août correspond aussi à la période du maximum d’activité des Perséides, l’une des pluies d’étoiles filantes les plus connues et la plus généreuse de l’année. Le pic s’étend généralement du 12 au 13 août, ce qui veut dire que le même ciel nous offrira à la fois une éclipse solaire et une belle activité météoritique dans la nuit qui suit. Et dans les régions qui verront la totalité de l’éclipse, certains observateurs pourraient même apercevoir quelques météores brillants pendant la noirceur temporaire de l’éclipse. C’est un scénario rare et franchement séduisant pour les passionnés d’astronomie. Au Québec, on n’aura pas la nuit soudaine d’une éclipse totale, mais le calendrier reste tout de même très généreux : un spectacle solaire le jour, et possiblement quelques traînées lumineuses la nuit.

Les éclipses se laissent désirer
Une éclipse solaire, totale ou partielle, est un événement rare qu’il ne faudra pas trop bouder. Pour vous en convaincre, notez que la prochaine éclipse solaire totale visible au Québec n’arrivera pas avant le 3 mai 2106. C’est dans 29 124 jours. Dans 2 080 chèques de paye. Donc oui, celle du 12 août sera partielle chez nous. Mais quand on regarde le calendrier à très long terme, on se dit que ce n’est peut-être pas le moment d’être capricieux.
Avec la collaboration de Nicolas Lessard, météorologue.
